mon histoire, la suite

La trentaine

À l’adolescence, je m’étais fait plein d’idées de ce que serait ma vie d’adulte à 30 ans. Comme pour bien des femmes, la trentaine s’est amenée avec des remises en question. Après avoir fait le bilan de mes succès et mes échecs, avoir douté de moi, avoir comparé ma vie à celle des autres et avoir eu des moments de nostalgie, j’ai conclu que je n’étais pas du tout où je voulais être à cet âge.

Au début de 2012, rien n’allait plus. De l’extérieur, tout semblait bien beau: une relation amoureuse stable, deux bébés poilus en santé, une maison à Saint-Lambert, une entreprise, des voyages, etc. Mais en dedans, je n’étais pas du tout heureuse. Ma carrière n’était pas au point que je l’aurais souhaitée. Ma situation financière n’était pas à son meilleur et ça me dérangeait beaucoup. J’avais pris du poids, bien trop selon moi. Je n’aimais pas mon image. J’avais honte de ma situation et je me sentais déconnectée. Déconnectée de moi, de mon essence. Je devais faire quelque chose pour me retrouver.

L'arrivée de la course dans ma vie

Mes six médailles récoltées lors du Dopey Challenge 2018 à Disney en Floride.

Après avoir pratiqué la boxe durant trois ans et le shaolin pendant un an, j'avais besoin de changement. À cette période, la course à pied regagnait en popularité et, à force d’en entendre parler, j’ai décidé de m’intéresser à la chose. Certains articles mentionnaient les bienfaits de la course sur les esprits créatifs, ce qui a attiré mon attention. En fait, ça disait qu’en plus de réduire le stress et de ventiler le cerveau, la course demandait peu de concentration et donnait plus d’espace à l’inspiration. Est-ce vrai? Je ne sais pas, mais ça valait le coût d’essayer.

C’est pour cette raison que, le 20 mars 2012, j’ai décidé de chausser mes espadrilles et d’aller courir. Il faisait 20C et le soleil brillait. C’était une belle journée pour essayer ce sport et ce, malgré mon manque d’intérêt.

Au début, courir seulement une minute était un défi! En plus, je trouvais cette activité très ennuyante. Au fil du temps et des kilomètres, les choses ont changé. Mon estime de soi a grandi. Courir me faisait sentir vivante, libre et forte. J’avais tellement besoin de ça dans ma vie!

Aujourd'hui, je cours pour garder la forme et la santé. Je cours pour sortir de ma zone de confort et accomplir des choses que je croyais impossible pour moi. Courir me fait du bien autant au corps qu’à l’esprit. C’est un bon moment avec des amis et en connexion avec moi-même. Grâce à la course, je vis des expériences et des émotions mémorables.

La découverte du yoga

Quelque part en 2013, je suis tombée sur l’émission Yogi Cameron : A model guru. L’ex-mannequin, maintenant devenu thérapeute ayurvédique et yogi, parlait des bienfaits de l’Ayurvéda et du yoga sur l’ensemble du corps. Ses propos ont raisonné en moi et, en voulant en apprendre plus sur le sujet, j’ai découvert un studio de yoga Ayurvéda à quelques minutes de chez-moi. C’était le destin, c’est certain! Je me suis rapidement abonnée sans savoir ce qui m’attendait.

À mon premier cours, j’étais la seule personne de moins de cinquante ans. L’âge n’a aucune importance, mais dans les autres cours de yoga que j’ai suivis, la clientèle était plus jeune. Tout à coup, je me suis demandé si cet endroit était fait pour moi. Mais lorsque que la professeure et toutes les femmes se sont mises à chanter en chœur un mantra, j’ai compris que j’étais à la bonne place et au bon moment. La vibration de leurs voix était si forte que j’en ai été émue aux larmes. Une fois de plus, l’univers m’apportait ce dont j’avais besoin au moment opportun.

Ma plus grande peine d'amour

Le 8 décembre 2014, une partie de moi s’est éteinte. Colo, mon ange d'amour, a traversé naturellement et en douceur le pont de l'Arc-en-ciel. Dans le lit familial, où nous étions tous les quatre, Colo a rendu son dernier souffle à 00 h 40. Il était étendu sur moi, la tête sur mon cœur.

Même si je le savais soulagé de ses souffrances, j’avais le cœur brisé. Quand je repense à ce moment, je suis encore envahie de tristesse, mais je sais que ce fut un privilège de pouvoir l’accompagner de si belle façon à son dernier repos. En choisissant lui-même l'heure de son départ, il m'a offert une preuve d'amour immense. Il m'a évité de prendre une décision déchirante que je ne voulais aucunement prendre. Colo le savait. Pendant nos dix ans, huit mois et dix-huit jours passés ensemble, je le lui avais répété à maintes reprises. Notre lien unique a été inébranlable jusqu’à la fin. Avec la mort de Colo, j’ai vécu ma plus grande peine d'amour. Mon bébé, ma source d’inspiration, ma « personne »favorite n’était plus à mes côtés. Une des connexions les plus importantes de ma vie venait d’être coupée.

Pendant longtemps, je n’ai eu aucune envie de pratiquer le yoga ou la méditation.J’aimais faire ces activités avec lui, mais sans lui, rien n’était pareil. Mon monde était bouleversé.

Même si le cœur n’y était pas, j’ai repris la course assez rapidement. Je n’avais pas le choix. J’étais inscrite aux 5km, 10km et demi-marathon du Disney Princess weekend en février 2015. Il fallait que je puisse suivre mes amis. Inconsciemment, ça devait me faire du bien de sortir et me changer les idées, mais ciel! que c’était difficile.

Colo et moi, à peine un mois avant son décès.
Lire mon blog : Dire adieu à mon petit chien Colo